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Denis CHRISTINE

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Moments de la journée

Les différentes expressions de la lumière

Pour un endroit donné, chaque moment, de chaque jour est différent, c’est pourquoi cette partie ne se veut pas exhaustive, mais indicative. Lorsque vous voyez un paysage, essayez déjà de la décrire avec de mots, voyez si vous êtes capable de passer de la sensation à la représentation, d’expliquer la lumière.

En cela, cette partie est juste une piste pour essayer de vous montrer la direction que doit prendre une telle description. Si vous réussissez cet exercice de contemplation et de compréhension de la lumière sur un espace donné, il y a de fortes chances pour que vous le mémorisiez et pour que vous soyez capable de le reproduire, même lorsqu’il n’est plus sous vos yeux.

Premières lueurs

Premières lueurs

C’est une lumière révélant difficilement les couleurs, notre œil n’y étant sensible qu’à partir d’une certaine intensité lumineuse. C’est une lumière grise et pâle révélant peu les contrastes. Elle provient de la réverbération de la lumière solaire dans la couche atmosphérique. Par rapport au crépuscule, sa différence tient dans le fait que la terre et l’air sont froids, et qu’il n’y a donc pas de jeu avec l’humidité ambiante.

Lumière solaire directe et réverbérée

Au niveau des couleurs, les cieux sont gris noir, puis les premiers jaunes, rose et violet font naître le bleu. Les ombres sont d’un gris noir opalescent qui trouble le noir ambiant. Elles tirent vers les bruns, les bleus et les violets. C’est le moment qui reste globalement le domaine de la désaturation et du contraste de valeur, si faible soit-il. C’est une lumière qui est dans l’ombre, elle vient de l’atmosphère, mais atteint le sol là où le cône d’ombre est encore présent.

L’aube

L’aube

C’est en fait le moment où les premières lueurs sont au-dessus de nous, nous ont rejoint. Nous avoisinons alors le cône d’ombre. C’est le moment précédent et suivant le lever du soleil. C’est le moment où l’ombre, n’étant guère plus foncée que ce qui la porte, est à peine distinguable de ce qui la porte ou la projette.

La lumière du ciel se sature et s’éclaircit. Le sol reste peu saturé et assez sombre, il met néanmoins en évidence les premiers reflets qui accrochent la lumière.

Les éléments se détachent relativement bien même si les ombres se mêlent, devenant indistinctes. Ce qui se révèle à ce moment de la journée, c’est la lumière.

La matinée

Par opposition aux deux premières lumières, la source lumineuse n’est plus à l’horizon, la lumière n’est plus tangentielle. Elle est limpide, définissant parfaitement les contours des choses et révélant parfaitement les couleurs sans les désaturer par éclaircissement.
C’est avec le soir, l’un des rares moments où l’horizon peut rester pleinement saturé, il marquera néanmoins un éclaircissement des couleurs plus ou moins rapide selon la chaleur, une désaturation du ciel et une tendance pour la terre à devenir bleutée.
Les ombres sont belles, sombres et bien définies.

Durant la matinée, les gammes de bleus du ciel changent, pouvant se répandre du bleu outremer à des bleus pâles en passant par des céruléum et cobalt plus électriques.

Midi (heure solaire)

C’est le moment de pleine lumière et la lumière est alors la plus crue. Il y a peu d’ombre et certaines matières perdent leur saturation, noyées par la lumière, tout comme l’horizon qui est très clair (ciel presque blanc). Entre l’horizon et l’observateur tombe une épaisse couche de lumière qui désature tout autant le ciel, à l’horizon et autour du soleil, que les éléments du paysage. Il peut, selon la chaleur, y avoir comme un flou des choses, une vibration due à l’agitation de l’atmosphère. En hiver, le phénomène est évidemment moins marqué.

Il peut y avoir quelques points d’ombre forts (tonnelle par exemple) , mais les phénomènes de diffraction les atténuent, d’autant plus que les ombres sont courtes. En opposition, les reflets vont s’exacerber, et chaque matière pouvant réfléchir la lumière la réfléchira au maximum. C’est le moment de pleine lumière qui fera que toute opposition « intérieur / extérieur » sera fortement marquée, plus encore peut-être que celle d’une pièce éclairée en pleine nuit.

Fin d’après-midi

C’est un moment où le soleil commence à jaunir, où la lumière restaure les couleurs, les sature de nouveau. L’horizon jaunit ou rosit fonction de l’humidité et le réchauffement de la terre augmente celle-ci du fait de l’évaporation. L’humidité ambiante est plus chaude que le matin , ce qui en change les effets lumineux. La lumière est moins limpide (sauf en hiver). En face du soleil, les couleurs se resature pleinement, alors qu’elle tire plus vers les jaunes et les terres sous ce dernier. L’horizon tire toujours vers les bleus.

Les ombres deviennent plus longues et pleines et se noient parfois, côté occidental, dans un vaste halo lumineux, mais non aveuglant. Malgré cela, les ombres de premier plan restent précises, sombres et mettent totalement en valeur la forme des choses. C’est une très belle lumière pour le portrait qui profite de tous les reflets de la peau et qui donne naissance à de très belles ombres.

Le couchant

Couchant
Début de coucher de soleil, côté opposé. La lumière se pose sur les objets leur imposant sa couleur, y compris sur les nuages.

On peut distinguer trois phases.
Le début du couchant se manifeste par une "rétraction" de la lumière au niveau de l’espace ; la lumière se regroupe autour de sa source et rampe sur le sol, le ciel se sature. Elle décroît en intensité, mais se condense. C’est un moment où le soleil semble gonfler. Le dégradé de lumière qui s’y rattache ne lui correspond pas nécessairement, le soleil peut être rouge et le dégradé partir du jaune, mais ce peut aussi être le contraire.

Au tour d’un certain moment du début du couchant, on peut voir un reflet de la lumière solaire et de son dégradé à l’est, donnant parfois l’impression d’un pâle coucher de soleil... en face de celui-ci.

Le ciel prend d’autant plus de teintes rouges, rapidement et "spatialement", qu’i est chargé d’humidité, et donc plus facilement en automne. Selon son intensité lumineuse, le ciel peut imposer sa couleur à la terre, celle-ci tirant toutes ses couleurs vers le rouge.
Le dégradé "classique" du couchant peut être décrit de la façon suivante : le rouge de l’horizon monte dans le ciel en s’éclaircissant et rejoint les jaunes sans forcement trop passer par les oranges, puis distribue sous couvert d’une opalescence verte extrêmement discrète (pour ainsi dire induite) la blancheur de la lumière pour déboucher sur un dégradé de bleu qui se saturera puis se foncera jusqu’à la nuit. Côté orient, on a un léger éclaircissement de l’horizon, éventuellement un reflet du couchant. Avec le temps, le dégradé se contracte, se sature et selon, rougit ou pâlit.

Crépuscule

Selon la saison, la lumière se rétracte plus ou moins vite. Il reste néanmoins que la disparition du soleil derrière la ligne d’horizon est un moment privilégié pour voir bouger le soleil "à vue d’oeil". C’est donc un moment de la journée où les ombres avancent rapidement pour se fondre les unes aux autres ainsi qu’au relief global. La lumière change rapidement et le moment est riche en couleur, celles-ci sont centrées sur la lumière et nous parviennent presque indirectement. Elles passent de plus en plus par la réverbération de la lumière dans l’atmosphère. Autour d’elles, les teintes se grisent et au moment où le soleil passe de l’autre côté, la lumière semble provenir des choses elles-mêmes. Le contraste général est atténué et s’il n’y a plus véritablement de source lumineuse, il n’y plus véritablement d’ombre non plus. Tout devient ombre, la lumière devient opalescente, et tout a tendance à s’unir.

Enfin les dernières lueurs sont semblables aux premières, à ceci près que le soir, l’obscurité recouvre la lumière qui s’éteint dans le rougeoiement de l’horizon, alors que le matin, c’est la lumière qui pénètre l’obscurité et qui la recouvre petit à petit.
À ce moment final du jour, les couleurs se désaturent totalement pour se plonger dans les lumières blafardes de la nuit. Il existe néanmoins, avant de moment de nuit totale, un laps de temps où le ciel présente une gamme de bleu turquoise à outremer très saturé et lumineux, alors que la terre est déjà plongée dans l’obscurité.

Nuit et clair de lune

C’est une lumière blafarde, bleutée et qui, dans les cas de pleine lune peuvent faire naître de belles ombres bien définies, bien que l’univers soit obscur. On se retrouve dans une configuration très proche de la silhouette et des reflets, presque sans dégradé des ombres portées.

La nuit est aussi le règne des lumières artificielles. En extérieurs, les ombres dues aux lampadaires vont se démultiplier, chaque objet recevant de la lumière de plusieurs lampadaires. Elles sont d’intensités différentes selon la distance des lampadaires et se subdivisent selon des orientations différentes.

Brouillard

Brouillard

Le brouillard entraîne une désaturation des couleurs, une diffusion de la lumière et des ombres rendant les choses égales. C’est une lumière qui entraîne peu de contraste, diminue les reflets et présente les objets sous forme de silhouette peu distincte de ce qui les entoure.

Selon sa densité, on peut trouver un premier plan net et un horizon diffus.
Le brouillard peut aussi se présenter par nappes qui réfléchissent la lumière et se trouveront, le plus souvent, plus claires que ce qui les entoure.

Conclusion

Le travail principal, primordial est un travail d’observation d’appréciation personnelle de la lumière et de son ressenti. Les indications précédentes ne sont qu’une piste et ne peuvent décrire l’infini variation des moments de la journée. Il ne faut pas oublier que l’image n’est qu’un outil de représentation conventionnelle et que changer les conventions, c’est changer l’image et en cela entrer dans un mode d’expression dont il est nécessaire de donner les clés à autrui pour qu’il saisisse ce qu’il voit.
Ainsi, si l’on crée une lumière différente des lumières naturelles ou artificielles classiques, il est nécessaire pour que celle-ci soit compréhensible d’en appliquer les effets de façon naturelle, respecter les ombres et leur coloration, les reflets et leur intensité...