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Denis CHRISTINE

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Rappels sur les contrastes

Les 4 contrastes

Le contraste est la base même d’une image. Celle-ci peut se passer de couleur, voir même de graphisme, mais elle ne peut pas se passer de contrastes, celui-ci définissant l’opposition des zones de l’images. Une image sans contraste est "un aplat". Mais la plus grande lisibilité de l’image n’est pas forcement celle obtenue par un contraste maximal.

Définition

Le contraste est un ensemble de jeux d’effets opposés qui se font ressentir mutuellement. Il se définit par la force et l’intensité de sensations antagonistes. D’une certaine façon, le contraste suprême est l’opposition noir / blanc : c’est l’opposition ombre lumière ; le blanc étant l’ensemble des couleurs et donc des lumières, le noir, leur absence totale.

Le contraste noir blanc est l’expression la plus forte du contraste de valeur, c’est-à-dire du contraste de luminosité, mais il est aussi d’un certain point de vue l’un des contraste de "couleur" le plus fort.

Schéma 6
Disque ou Cercle chromatique

La construction d’une image repose sur quatre contrastes :

  • Le contraste de couleur, qui repose sur la disposition des couleurs dans le cercle chromatique -couleurs saturées. Les contrastes les plus forts étant ceux qui opposent une couleur à sa complémentaire, soit celle qui lui est opposée sur le cercle.
  • Le contraste de valeur qui repose sur l’intensité lumineuse et donc sur la répartition des ombres et des lumières.
  • Le contraste de saturation, qui repose sur la différence de vivacité et de "grisaille" des couleurs. Il est nécessaire d’être très prudent si l’on ne veut pas lier ce contraste avec le contraste de valeur. les couleurs saturées dans le cercle chromatique ne possèdent pas le même niveau de gris, ce qui oblige parfois à dessaturer une couleur pour lui donner la même valeur qu’une autre. Il est donc possible de dessaturer une couleur en changeant sa valeur (sa luminosité) par apport de blanc ou de noir, ou en lui ajoutant un gris égale à son "niveau de gris".
    • Le premier cas revient à la "diluer" pour lui faire perdre de sa coloration, ce qui reviendrait à ajouter du blanc pour une matière non diluable, mais ce faisant on éclaircie la couleur
    • Le second cas à lui ajouter d’autres couleurs et aller vers les couleurs tertiaires, sachant qu’en peinture, l’ajout de couleur non présente dans un mélange fonce, le plus souvent, celui-ci.
      Le reniement de St Pierre par Honthorst
      Honthorst 1622 1624 Huile sur toile 111 x 149 cm - Minneapolis - Institute Of Arts

  • Le contraste de surface, qui tient à la répartition quantitative et spatiale des couleurs et des lumières. Ce contraste est au fond la partie quantitative des autres contrastes qui sont d’ordre qualitatif. Ce contraste permet d’équilibrer (ou de déséquilibrer) l’image et de la rendre lisible dans des humeurs de lumière différentes. Le clair-obscur est en cela un exemple d’association de contraste de valeur et de contraste de surface.

Composition

Le contraste de couleur

Baser une image exclusivement sur le contraste de couleur donne une image forte, mais souvent plane, le relief étant donnée par l’opposition ombre / lumière. Il est alors nécessaire de jouer avec les différences de niveau de gris des couleurs saturées pour obtenir plus de relief. Ainsi, l’opposition d’un jaune vif et d’un bleu profond donne plus de relief que l’opposition d’un rouge et d’un vert qui possèdent à peu près le même niveau de gris. Il est à ce propos intéressant de constater que l’on parle parfois de couleur pleine (saturée) lorsque celle-ci sort directement du tube, alors que cette couleur n’est pas forcement une couleur du cercle chromatique (pleinement saturée), mais déjà une couleur dessaouler, c’est le cas des couleurs terres comme la terre de sienne naturelle ou brûlée, voir la terre d’ombre brûlée qui porte (dans le sombre) un fort pouvoir colorée.

Contraste et perspective

La perspective spatiale se manifeste par le comportement lumineux de l’atmosphère, manifestation que l’on met en relief par des contrastes de valeur et de saturation entre le premier plan et l’horizon. Si l’on ne veut pour cela utiliser qu’un contraste de couleur, on buttera sur un manque de relief, et l’horizon paraîtra plus proche qu’il n’est.
Il est à noter, à propos de l’horizon, qu’outre son éclaircissement du fait de la couche atmosphérique qui se tient entre l’observateur et lui, il tirera, pour les mêmes raisons vers le bleu en journée, et vers le rouge et les terres au couchant.

On fait souvent entrer une composante de contraste de couleur dans les contrastes de valeur que ce soit pour l’ombre ou pour la lumière du fait des lumières et couleurs induites et des impressions colorées. Participer à ce phénomène naturel en allant dans son sens augment le contraste, et le diminue si l’on va dans le sens opposé. Ce phénomène de couleurs induites cher aux impressionnistes est une illusion d’optique, mais, et c’est là tout le charme de la vision, une illusion qui, si on ne la reproduit pas, donne à l’image quelque chose de "non-naturelle".

Contraste de valeur et forme

D’une façon générale, le contraste de valeur joue principalement sur la forme (et l’espace), c’est l’aspect ombre-lumière qui est mis en avant. C’est aussi lui qui détermine en grande partie la nature d’une lumière, même si la saturation y joue aussi en rôle, mais ce rôle ne se détache jamais totalement de l’idée de valeur. Enfin, peut-être plus que d’elle-même, la nature d’une lumière se voit, se révèle dans la consistance des ombres qu’elle fait naître.

Comme je viens de le dire, le contraste de saturation entre aussi dans la révélation de la nature, de la consistance d’une lumière et de ses ombres. Celles-ci peuvent accéder au noir, non pas simplement par progression du contraste de valeur, mais aussi par le jeu subtil de saturation au fur et à mesure de l’obscurcissement, ce qui conduit l’ombre, non plus vers le noir, mais vers un gris, voire vers une autre couleur...

Schéma 1 : Contraste de surface et répartition spatiale

Cela revient à dire que l’on éteint une lumière en faisant en sorte que celle-ci ne révèle que difficilement les couleurs, ce qui n’est plus ni moins qu’une règle naturelle de la perception colorée. En effet, plus la lumière est faible, moins les couleurs se voient et plus l’oeil ne juge que du contraste de valeur.

Contraste de surfaces

Enfin, le contraste de surface, comme je le disais précédemment, est le rapport des surfaces de deux couleurs, mais il dépend aussi du positionnement relatif de celles-ci (voir schéma ci-contre - cliquez pour agrandir).

Le contraste de surface sur un contraste de valeur est le principe fondamental du clair-obscur : il est la révélation des points de lumière dans un espace d’ombre, ce qui est à mettre en rapport avec la notion de silhouette et de reflets.

Schéma 2 : contraste de surface

Il est aussi primordiale dans la mise en page jouant sur la perspective et sur la lecture première de l’image (cf. schéma 2). Dans ce schéma (ci-contre), c’est bien évidemment ce qui est loin qui est petit et ce qui est gros qui est près.

L’outil contraste

En tant qu’outil de mise en page, le contraste de surface distribue l’information de façon spatiale et en cela sert à la bonne lisibilité de l’information, à la mise en avant des parties importantes, notamment pour les composition textes- images. La publicité, par exemple, outre le jeu sur les autres contrastes, met en évidence ce qu’elle désire par le contraste de surface : la composition fond/image(s)/texte publicitaire/ texte obligatoire est interprétée selon des rapports de contraste de valeur-saturation et couleur , mais surtout de surface.

Pur exemple "BUVEZ MACHIN" sera certes illustrer par une grosse bouteille, mais surtout par le slogan, la bouteille n’étant réellement illustrée que si elle a un intérêt esthétique, par contre "l’abus d’alcool ou de sucre est dangereux pour l’organisme" sera écrit en petit, en bas et donc se retrouvera, non seulement à peine visible, mais en plus caché par les bancs du métro dans le cas d’affiche pour ce dernier.

Conclusion

En conclusion, il faut retenir que s’il existe bien quatre contrastes différents, traiter le contraste d’une image n’est pas simplement juxtaposer quatre traitement de contraste, mais bien traiter un tout qui s’appréhende immédiatement, même si l’on met en avant un contraste plus que les autres. On peut au niveau technique, au niveau de la conceptualisation, considérer les contrastes de façon distincte, mais l’image doit partir d’un sentiment global du contraste, et non plus des contrastes pris un à un et recomposés.

Ce sont les règles du contraste qui régissent l’image et la volonté de ce que l’on désire y représenter, y présenter. Ainsi, pour sa compréhension, le contraste doit être manié volontairement comme étant la clé de voûte de la lisibilité de l’image. Il ne faut pas se laisser aller à la facilité des règles ou des effets ; et il est nécessaire de savoir si on dessine ce que l’on veut, ou si on se laisse aller à une recherche qui sera dictée par les hasards de la création. Mais dans les deux cas, il arrive toujours un moment où la création fait sens, et c’est à ce moment là qu’il est nécessaire de régler ses contrastes pour obtenir le résultat final.

Au niveau du réalisme, on pourrait dire que celui-ci tient plus à l’équilibre des contrastes qu’au choix des couleurs et à la rigidité académique du graphisme. Chacun est près à admettre dans sa lecture d’une image est dépendante de la lumière qui y est présente, et donc de la couleur de cette lumière, il est ainsi plus facile d’admettre une couleur incongrue qu’un contraste maladroit.